Premier documentaire Folk dans les Vosges du Nord

Photo : Le preneur de son Clément Adolff et le réalisateur Thomas Lincker, tous deux habitants de Weiterswiller, photographiés à Brooklyn lors de leur tournage. Documents remis

Thomas Lincker, réalisateur indépendant de Weiterswiller, s’est lancé il y a plus d’un an dans son
premier documentaire, « Fragments Folk ». Toujours en recherche de financements, il sera vendredi soir à
Sarre-Union pour rencontrer le public à la fête du courtmétrage.

« L’environnement de l’artiste et sa musique ont des points communs. C’est ce que j’ai voulu vérifier à travers ce film », explique Thomas Lincker. Au-delà de questionner le processus de création artistique, le jeune réalisateur propose un voyage dans le monde des sensations, entre musique et paysages.

La musique folk, qu’il estime « accessible, simple, directe », est au coeur de son projet. Il est donc allé chercher cinq artistes à l’Est des États-Unis – New-York, Philadelphie, la Nouvelle- Angleterre –, berceau de la folk. Mais aussi six musiciens du pays du verre et du cristal, dont Aurel King, Renz, Me & The Molku Queen.

« Ce territoire, je l’ai dans la peau »

« Leur dénominateur commun, c’est la tradition américaine, avec des références communes comme Bob Dylan par exemple. Mais aucun ne reste figé dans cette tradition, chaque musicien que j’ai rencontré l’interprète à sa façon. » Une culture populaire les relie aussi sans doute par-delà l’océan. Le mot « folk » ne désigne-t-il pas les gens du peuple ?
Les vibrations des Vosges du Nord, Thomas Lincker les connaît par coeur. « Je viens de Niederbronn-les-Bains, j’habite Weiterswiller et j’ai bourlingué entre le pays de Bitche et l’Alsace Bossue. Ce territoire, je l’ai dans la peau. Ici, où qu’on soit, la nature est à deux cents mètres. Je vois des liens entre ces paysages et la folk, en termes de couleurs, de lumières, de rythme de vie, d’accessibilité. »
Ses interviews confirment ce qu’il pressentait. Aurélien Troesch, dit Aurel King, chanteur et guitariste, membre de SF & The Ladyboys, a été interviewé chez lui, à Meisenthal. Installé dans un fauteuil près du poêle à bois, il évoque la folk en ces termes : « Je trouve qu’elle ressemble à l’endroit où je vis, elle ressemble aux Vosges du Nord, au pays de Bitche ».
Aujourd’hui, la partie tournage de « Fragments Folk » est quasiment terminée, et le réalisateur attaque le montage. Le film, d’une durée d’une heure environ, devrait sortir à la mi-novembre. « C’est mon premier projet personnel aussi ambitieux », s’enthousiasme celui qui travaille habituellement sur commande pour des collectivités ou des associations. Pour le produire, Thomas Lincker a lancé une campagne de prévente sur le site
www.microcultures.fr, qui s’est achevée fin février. « Je propose d’acheter la projection de mon film, en ma présence, suivie ou précédée d’un concert d’un des artistes interviewés, pour 700 euros. J’ai aussi sollicité des subventions, mais c’est compliqué. »
Le réalisateur a vendu six projections aux quatre coins du Bas-Rhin, notamment au centre socioculturel de Sarre-Union et au Réseau animation jeunes de Saverne. « Nous avons récolté environ 6 000 euros. Quand nous aurons remboursé tout le monde, nous pourrons peut-être nous payer un peu, nous, les quatre membres de l’équipe. Mais pour cela, il faudrait 40 000 euros. »

Projet ambitieux

Pour contacter d’éventuelles structures partenaires, il met en avant les diverses formes d’expression convoquées par son projet. Il vise des salles de cinéma et de concert bien sûr, mais aussi des lieux d’exposition puisqu’il travaille avec un duo d’artistes plasticiens et des écoles de musique qui prévoient des cycles folks.

Il se réjouit d’avoir pu toucher des partenaires tels que Gérard Bour, directeur du centre socioculturel de Sarre-Union, qui lui a proposé de venir parler de son documentaire vendredi soir. Les spectateurs désireux d’aider le jeune réalisateur et le centre qui s’est engagé à acheter une projection pourront souscrire sur place.

Rencontre avec Thomas Lincker, vendredi soir au centre socioculturel de Sarre-Union, dans le cadre de la fête du court-métrage (lire ci-dessous). En savoir plus sur le documentaire : www.fragmentsfolk.com.

Le court-métrage en fête pendant une semaine à Sarre-Union La fête du court-métrage se déroulera du 14 au 20 mars au centre socioculturel de Sarre-Union.

Renaud Walter, dit Renz, chanteur du groupe Guisberg, interrogé par Thomas Lincker.

Les projections commencent aujourd’hui à 14 h. La première série de sept films, baptisée « En route ! », s’adresse aux 5-7 ans et ne dépassera pas les trois quarts d’heure au total. À 15 h, une nouvelle série de quatre petits films, intitulée « Drôles d’inventions », débutera à l’attention des 7-10 ans.
À 20 h, les spectateurs dès 12 ans seront invités à voter pour le Prix du polar SCNF 2018. Sept réalisateurs concourent. Le public avide de frissons pourra noter les films, d’une durée totale de 1 h 30.

Moment fort vendredi soir

Jeudi 15 et vendredi 16 mars, à 12 h 15, les enfants seront à nouveau à l’honneur. Jeudi, « Vive la musique », une sélection de six petits films d’animation, s’adressera aux 3-5 ans. Vendredi, onze films sur le thème « ciné-poème », seront accessibles à partir de 7 ans. La soirée centrale de la fête est programmée vendredi à 20 h. Tout d’abord, six courtsmétrages sur la problématique de l’environnement seront projetés sous le nom « Le monde tout court ». Ils s’adressent aux adolescents dès 12 ans et aux adultes. Après la projection, le réalisateur Thomas Lincker évoquera son premier documentaire, « Fragments Folk »

Lundi 19 et mardi 20 mars, à 12 h 15, les adolescents à partir de 14 ans pourront découvrir « Premiers plans/premiers courts », quatre courts à l’occasion des 30 ans du festival d’Angers, et les cinq courts de « Talents d’aujourd’hui – Digital ». Entrée libre. Plateau pour financer la future projection de « Fragments Folk ».